Artemis (NASA): La Lune en 2024 et le premier homme sur Mars avant 2030 ?

Nasa Artemis Premier Homme Mars

La NASA envisage avec le programme Artemis le retour de l’homme, et la première femme, sur la Lune pour 2024. Dans la suite de son programme, elle envisage également des séjours de longue durée et une exploitation Lunaire sur le long terme. Mais ce n’est pas tout, la NASA prévoit également d’envoyer des hommes sur Mars avant la fin de la décennie! Retrouvez dans ce dossier tous les détails et implications du programme Artemis.

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Les principaux objectifs scientifiques pour la mission Artémis 3:

  • Mieux comprendre les processus planétaires.
  • Comprendre la nature et l’origine des éléments volatils polaires lunaires.
  • Mieux interpréter l’histoire de l’impact qui a dû se produire dans le système Terre-Lune.
  • Obtenir des « archives » du passées, à la fois du Soleil et de notre environnement astronomique.
  • Observer l’Univers et notre environnement spatial local depuis la Lune.
  • Faire de la science expérimentale dans l’environnement lunaire.
  • Enfin, mener des recherches sur les risques liés à l’exploration, et les atténuer.
  • Et à terme, préparer une première mission habitée à destination de Mars.
Artemis Logo Nasa
Le logo de la Nasa pour le programme Artemis qui devrait signer le retour de l’homme sur la Lune et le premier Homme sur Mars. – Crédit: Nasa

“Le programme Artemis est un programme spatial habité de la NASA, dont l’objectif est d’amener un équipage sur le sol lunaire d’ici 2024. La date du retour de l’homme sur la Lune, que la NASA avait fixée à 2028 sans programmation clairement définie, a été avancée de quatre ans en avril 2019 avec des objectifs qui ont été précisés donnant naissance au programme Artemis.”

Wikipedia

Artemis: Le retour de l’homme sur la Lune

Le programme Artemis doit déboucher sur une exploration durable de notre satellite c’est-à-dire l’organisation de missions régulières dont l’aboutissement serait l’installation d’un poste permanent sur la Lune. Le programme doit également permettre de tester et mettre au point les équipements et procédures qui seront mises en œuvre au cours des futures missions avec équipage à la surface de la planète Mars.

La réalisation des missions du programme Artemis nécessite le développement de plusieurs engins spatiaux : le lanceur lourd Space Launch System (SLS) et le vaisseau spatial Orion dont la réalisation a déjà débuté depuis plusieurs années mais est marquée par des dérapages budgétaires et calendaires réguliers, un vaisseau lunaire entièrement nouveau HLS (Human Landing System) chargé d’amener les hommes sur le sol lunaire et des missions robotiques chargées de réaliser des reconnaissances et des études scientifiques complémentaires. L’architecture des missions repose sur la future station spatiale Lunar Orbital Platform-Gateway (LOP-G) qui, placée en orbite autour de la Lune, servira de relais entre la Terre et la surface de la Lune.

Artemis Iii - Landing on Moon 2024
Programme Artemis III – crédit: Nasa

Pour remplir les objectifs ambitieux du programme Artemis dans les délais très courts qui lui sont imposés, la NASA sous-traite de manière particulièrement marquée la conception de composants importants (vaisseau lunaire HLS, modules de la station spatiale LOP-G, atterrisseurs des missions robotiques) ainsi que les prestations de lancement de ces engins et de ravitaillement de la station spatiale. Selon le planning établi en mai 2019, Artemis III, lancée en 2024, sera la première mission qui devrait amener un équipage mixte de deux astronautes sur la Lune pour un séjour d’une durée de 6 jours et demi.

Artemis, des séjours longue durée sur la lune

A compter de 2026 doivent être menées des missions caractérisées par des séjours plus longs, un équipage au sol de quatre personnes au lieu de deux, plus d’équipements permettant d’étoffer le retour scientifique. Le vaisseau lunaire sera alors partiellement réutilisable. Les sites d’atterrissage retenus pour toutes ces missions se situent au pôle sud de la Lune car les réserves de glace d’eau présentes dans les cratères perpétuellement à l’ombre présentent un intérêt stratégique dans la perspective de missions de longue durée.

Outre son délai très serré, le projet rencontre un problème budgétaire similaire à celui qui avait été fatal en 2009 au programme Constellation qui poursuivait les mêmes objectifs. Fin 2019, la NASA soumet aux industriels un cahier des charges pour construire les vaisseaux lunaire sonné en décembre 2019. Les trois entreprises susceptibles d’être choisies sont Blue Origin, Boeing et SpaceX

La Lune, le nouvel Eldorado ? Les accords Artemis.

Dans un document publié sur le site du CFR, Concil of Foreign Relations, qui contient une retranscription intégrale de la Conférence sur le thème : Le Futur du Spatial, qui date de novembre 2015. Un certain nombre d’experts discutent des dernières innovations en matière de technologie spatiale, des perspectives d’une mission humaine sur Mars et de l’importance de maintenir le leadership américain dans l’exploration spatiale. Il y a Lee Brenner (Microsoft), Lori Garver (ancien N°2 de la NASA), qui est actuellement directrice Générale de l’Air Line Pilots Association, ancienne administratrice adjointe de la NASA. Il y a également John Logsdon, professeur émérite de Sciences politiques et d’affaires internationales de l’Elliott School of International Affairs, et spécialiste de longue date de la politique spatiale à Washington D.C. ; et Charles Miller, président de NexGen Space, LLC.Dans cet échange, certains passages et déclarations de ces intervenants sont très intéressants à plus d’un titre.

Dans un document, Charles Miller (NexGen Space) parle d’une étude réalisée par son entreprise pour la NASA, et ce travail touchait particulièrement l’exploration (ou l’exploitation) de la Lune. Plusieurs anciens ingénieurs de la NASA à la retraite ont participé à cette étude, il s’agissait de savoir si nous pourrions faire retourner des humains sur la Lune en utilisant des partenariats commerciaux, ils ont également travaillé sur « L’Autorité International pour la Lune » (source: International Lunar Authority)

Rendez-vous avec l’équipe de Artemis.

Et c’est là que ça devient très intéressant !

« Et il y a, vous savez, des avantages géopolitiques importants à cela aussi, mais c’est sur cela que NexGen Space travaille ».

Charles Miller

Charles Miller déclare également qu’il y a des investissements stratégiques. Il y a les philanthropes-capitalistes, mais il y a aussi des fonds d’investissements (capital-risque) qui veulent investir dans le spatial. Pour Miller, il est possible d’ouvrir des espaces (dans le secteur spatial US) grâce à un partenariat entre le meilleur du gouvernement et le meilleur de l’industrie privée. Dans cette étude, les travaux démontraient qu’il était possible de mettre une base permanente sur la Lune pour l’industrialiser, pour extraire depuis le sol lunaire du carburant, et cela est possible dans le cadre du budget actuel de la NASA, mais cela nécessiterait simplement que nous modifions la façon dont nous utilisons l’espace. (Source: Consil of Foreign Relations).

Dés 2015, la prochaine frontière c’est la Lune et le partage des ressources lunaires, un rapport de force de nature géopolitique s’installait déjà pour le partage des territoires et ressources sur la Lune. Charles Miller déclare également « qu’il y a une grande opportunité géopolitique pour retourner sur la Lune. À l’heure actuelle, la NASA se concentre sur Mars à l’exclusion de la Lune, mais tous nos partenaires internationaux veulent aller sur la Lune. ». En parlant de l’exploration spatiale. Pour John Logsdon, il évoque le sujet des droits de propriété (sur la Lune, ou les territoires, ou ressources), les propos sont assez clairs :

« Les États-Unis, par le biais de leur législation, ont déclaré unilatéralement des droits de propriété dans l’espace. Il n’y a pas de traité des Nations Unies ni aucun autre accord international sur les droits de propriété. C’est une action unilatérale. »

John Logsdon

Selon une autre source (Site ABC.net.au), daté du 15 mai 2020, on apprend que la NASA a ouvert la voie à un débat mondial sur les principes de base régissant la façon dont les humains vivront et travailleront sur la Lune, établissant ainsi les principes d’un pacte international pour l’exploration de la Lune appelé les Accords d’Artemis. Ces accords visent à établir des zones de sécurité qui entoureraient les futures bases lunaires pour empêcher ce que la National Aeronautics and Space Administration (NASA) des États-Unis appelait les “interférences nuisibles” de pays concurrents ou d’entreprises opérant à proximité. Ils permettraient également aux entreprises de posséder les ressources lunaires qu’elles exploitent, un élément crucial pour permettre aux opérateurs (ou partenaires de la NASA) de convertir la glace d’eau de la Lune en carburant pour fusée ou d’extraire des minéraux lunaires pour construire des plates-formes d’atterrissage.

Artemis: Nous allons ensemble (sous-titres en Français)

Le Congrès américain a adopté une loi en 2015 autorisant les entreprises à posséder les ressources qu’elles exploitent dans l’espace, mais aucune loi de ce type n’existe dans la communauté internationale. En réponse à des informations selon lesquelles le gouvernement américain rédigeait les accords, le chef de l’agence spatiale russe Dmitry Rogozin a critiqué Washington pour avoir exclu la Russie des premières négociations sur le pacte d’exploration spatiale.

On peut rappeler que la NASA met désormais ces Artemis Accords en préambule à toute participation internationale à Artemis, et que ces accords sont bilatéraux entre chaque agence partenaire et la NASA. Les européens, qui étaient embarqués sur Orion avant Artemis (EUS), devront probablement s’y plier également. Les Russes s’excluent eux-mêmes mais n’ont pas vraiment d’autre choix (tout ceci a été manigancé pour qu’ils ne puissent pas dire oui, amha), et on peut parier que les Chinois ne demanderont rien et qu’on ne leur demandera rien… Sans grande surprise.

Artemis: Géopolitique lunaire ou guerres du futur ?

les fondations sont là ! Dans un article de SciencePost, on peut lire que l’agence spatiale américaine (NASA) s’apprête à faire signer des accords très particuliers à ses partenaires du programme Artemis. Cet accord promet « un futur, sûr, prospère et pacifique » de la présence humaine sur la Lune. Toutefois, ce texte semble entrer en conflit avec le traité de l’espace de 1966. (Source : sciencepost.fr)

Selon une autre source (theverge.com), les accords Artemis établiraient les « zones de sécurité », qui donnerait aux explorateurs américains un espace pour travailler sur la Lune, sans interférence d’autres pays.

« Nous n’allons pas attendre pour négocier un traité qui, selon nous, est dans notre intérêt national. Nous pensons que nous pouvons aller sur la Lune et utiliser des ressources là-bas, donc nous allons y aller et utiliser des ressources là-bas. »

Christopher Johnson

Artemis : objectif Mars !

Selon les declarations du chef de la NASA, l’objectif final c’est bien Mars. Si le programme Artemis tient ses promesses, il devrait permettre de créer un écosystème industriel et diplomatique très favorable à une future exploration martienne.

Artemis 2030 Moon To Mars
Artemis 2030, le Premier homme sur Mars ? – Crédit: Nasa

Les stations en orbite lunaire, les habitats au sol et les divers lanceurs lourds nécessaires à Artemis constitueront un excellent entrainement pour les longues missions vers Mars, dans un environnement très hostile. Mieux encore, en sollicitant différents acteurs privés, la NASA devrait booster tout un pan de l’économie spatiale américaine, qui va ainsi accumuler une expertise technique et scientifique indispensable pour l’exploration du reste du système solaire.

Et si Mars est un jalon symbolique de premier ordre, l’exploration des astéroïdes ou des lunes joviennes et saturniennes pourraient s’avérer également d’une incroyable richesse!

Artemis: Les partenaires pour les missions Lune / Mars

La société SpaceX d’Elon Musk, cet opérateur doit perfectionner la technologie permettant l’atterrissage vertical de fusées volumineuses sur la Lune ; une autre mission sera d’améliorer les modèles afin d’évaluer l’interaction du panache du moteur avec le régolithe lunaire. SpaceX collaborera également avec la NASA sur le perfectionnement des technologies nécessaires au transfert du propergol en orbite, que l’agence spatiale considère comme une étape importante dans le développement du véhicule spatial Starship élaboré par SpaceX.

L’entreprise Blue Origin de Jeff Bezos collaborera avec la NASA sur l’élaboration de systèmes de navigation et de guidage avancés afin de permettre des alunissages sécurisés et précis. Le système, selon la NASA, pourrait fournir de l’électricité en continu durant la nuit lunaire, qui dure près de deux semaines sur la plupart des sites.

La société Advanced Space basée à Boulder, Colorado, fera équipe avec la NASA sur l’amélioration d’un système de navigation entre la Terre et la Lune. D’autres opérateurs sont aussi retenus comme : Spirit Aerosystem, la société Maxar Technologies et enfin, Lockheed Martin.

Crazy Engineering explore une démonstration de technologie à bord du rover Mars 2020 de la NASA qui vient tout droit de romans de science-fiction comme «The Martian». Il s’agit d’un générateur d’oxygène appelé MOXIE, conçu pour convertir le dioxyde de carbone – qui constitue environ 96% de l’atmosphère martienne – en oxygène respirable.

Critiques du programme Artemis

La viabilité du programme Artemis avec l’objectif calendaire qui lui a été fixé est douteuse compte tenu de la modestie des sommes allouées au programme au titre du budget 2020 et de l’absence d’une enveloppe budgétaire consacrée au programme pour les années suivantes.

Autre point, la NASA dépend pour la tenue des objectifs de ses sous-traitants. Or Boeing, qui développe le lanceur géant SLS, a pris un retard considérable alors que celui-ci réutilise des composants existants. Dans ce contexte, le développement de l’atterrisseur lunaire qui comportera trois modules complètement nouveaux avec des moteurs à mettre au point ainsi que plusieurs systèmes complexes peut-il être envisagé dans un délai aussi court ? L’architecture retenue nécessite le développement d’un nouvel étage pour le lanceur SLS dont le développement a été arrêté pour permettre à Boeing de tenir ses échéances. (source: wikipedia)

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Sources & liens connexe

Auteur: Rick Deckar

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